Être maman et vivre sa passion – Épisode 3 : les montagnes russes

Ces dernières semaines, je me suis fixé comme objectif de participer au concours international de la nouvelle George Sand. Pourquoi ? J’avais envie de me tester, de me mettre la pression au niveau de la qualité de mon texte avant d’entrer dans la rédaction de mon roman. Le fait de savoir que des personnes vont me juger m’oblige à donner le meilleur de moi-même, d’autant plus que le jury est composé de professionnels.  Dans cet article, je partage avec vous ce que j’ai appelé « les montagnes russes » qui représentent en tout point les hauts et les bas de mes émotions (peur, amusement, adrénaline …) durant la réalisation de ce projet.

Préparation du concours pendant une période sombre  

Avoir du mental lorsqu’on est écrit est important, car il permet de tenir la route. Cette période pour ma part n’est pas propice à la concrétisation de projet. Ce virus a provoqué une rupture brutale dans mon quotidien. La maman bosseuse est devenue maman bosseuse au chômage partiel du jour au lendemain. Je rejoins la communauté des dix millions de salariés au chômage partiel (plus d’un salarié du secteur privé sur trois dixit la ministre du Travail). Il m’a donc fallu du temps pour digérer la nouvelle, l’accepter. Écrire dans ces conditions était très difficile psychologiquement.

Le cadre du concours

J’ai choisi ce concours, car il a été créé, en 2004, en hommage à la femme, à son œuvre, et à son action en faveur de l’égalité des sexes

Le thème est libre, mais la composition doit commencer obligatoirement par « Le jour venait de se lever ».

J’ai pris le parti d’aborder la thématique du mariage forcé. Pourquoi ? Parce que 70 000 jeunes femmes françaises seraient potentiellement menacées par le mariage forcé (source : RTL). De plus, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui (sans être à l’extrême dans des conditions de mariages forcés) subissaient une pression familiale quant aux choix de leur conjoint (origine, statut social, sexe …). C’est un fait réel de société. Ce qui m’a touchée dans leurs histoires, c’est l’amour malgré tout cela qu’ils ressentent pour leurs parents (parfois leurs bourreaux).

Ces personnes doivent souvent mener une double vie, une façade pour les parents et une autre pour les amis. J’ai souhaité raconter ces difficultés à travers mon personnage principal Tiya, dix-sept ans.

Pour le moment, je n’ai pas le droit de partager ma nouvelle sur le blog, mais dans quelques mois, j’aurai l’autorisation (patience …).

Vis ma vie d’auteure confinée

Tout d’abord, avoir un projet c’est beau, mais aller jusqu’au bout c’est mieux. Je m’imaginais pouvoir écrire l’histoire de Tiya, le soir tranquillement après le coucher des enfants, mais avec le confinement, mes enfants se couchent un peu plus tard. Quant à mon mari, il me propose de me poser et regarder un film avec lui, comment dire non ? Conséquence immédiate : un grand manque de motivation et d’inspiration, je n’avais juste aucune envie de m’isoler pour m’écrire.

Le zéro transport en commun se fait sentir. Avant, je prenais ce temps obligatoire dans les transports pour produire, réfléchir, prendre des notes, échanger avec d’autres personnes en face à face…parler à des adultes autres que mon cher mari qui reste un grand enfant 😊…

Ainsi, pendant quelques jours, j’ai beau m’installer devant mon PC mais rien ne vient, je décide de prendre mon carnet de notes sur lequel je note la phrase imposée, à 23h00, et là, les mots viennent enfin se coucher sur mon papier.

La contrainte de la première phrase implique deux choses :

  • écrire au passé simple, chose que je n’ai pas l’habitude de faire,
  • écrire l’histoire à la troisième personne.

Mon cerveau devait s’habituer à cette contrainte, cela m’a pris quelques jours.

Si vous bloquez sur un projet, prenez quelques jours de pause, ne forcez pas, laissez le mûrir.

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud

J’ai profité d’une période d’accalmie de mes pensées sombres pour avancer sur la nouvelle.

Pour parler technique, il y a deux approches pour écrire une histoire :

  • Rédiger un plan,
  • Ne pas faire de plan et suivre le flux de vos idées.

Normalement, je suis de nature (trop) organisée, mais là bizarrement, je n’arrive pas à faire une ébauche de plan.  Je me lance sans plan. Je suis dans une bonne phase, mes personnages vivent leurs histoires et moi je deviens spectatrice, ils choisissent leur parcours. C’est la première fois que cela m’arrive, j’ai adoré.

J’ai appris qu’il ne faut pas hésiter à changer d’angle de tir au cours d’un projet, l’objectif est d’arriver au bout, donc il faut être prêt à changer ses habitudes. J’ai ainsi produit mon premier jet au bout d’une semaine, mon histoire se déroule en cinq parties.

La phase de relecture

J’ai laissé mon texte reposer quelques jours pour retravailler dessus. Je le reprends, je suis satisfaite au niveau de la conception de l’histoire, de la contenance de mes personnages, mais au niveau du style c’est une catastrophe. Je dois reprendre ligne à ligne mon travail, car mes conditions d’écriture sont compliquées confinée. Je passe une semaine à tout reprendre pour obtenir une version qui me plaît, environ quatre mille mots à reprendre. C’est un travail agréable, mais surtout long dans des conditions de confinement (bruit en permanence dans la maison) cela devient le parcours du combattant. Mais une fois fini, j’ai envie de chanter tout haut « We are the champions, my friends… »

La relecture de la Nouvelle finalisée par les bêta-lecteurs

Après plus de vingt heures de travail. La nouvelle me plaît. Je suis prête à envoyer ma nouvelle à mes bêta-lecteurs. Il est important de se faire relire :

  • Pour un dernier contrôle sur la qualité du texte en termes d’orthographe, grammaire, syntaxe…
  • Pour connaître l’émotion perçue par les lecteurs.

J’ai peur, bien sûr, des critiques qui ne sont jamais agréables, mais c’est le jeu. Il y aura forcément des gens plus emballés que d’autres. Il vous faut des relecteurs capables de vous critiquer de manière constructive et surtout des personnes bienveillantes.

J’ai compris en avançant dans mes projets d’écriture que mon réseau personnel n’est pas forcément celui qui me témoigne la plus grande solidarité, car finalement, il ne mesure pas l’importance de mon projet. Souvent, ce sont des personnes inattendues qui me comprennent le mieux et qui me soutiennent.

Ce n’est pas grave finalement. Il ne faut pas leur en vouloir pour leur manque d’enthousiasme, chose que j’ai mis du temps à comprendre je l’avoue, car finalement c’est mon projet, pas le leur !

Le retour des bêta-lecteurs

Un lecteur professionnel a apporté des critiques assez dures sur mon texte. Sa lecture avait de l’importance pour moi. Il a été négatif. J’ai pris un coup de massue, le même que celui que Laura met, de temps en temps, sur la tête de Nicky Larson. J’ai hésité à changer la chute de ma nouvelle, mais elle a soulevé tellement de débats que j’ai décidé de garder cette chute. C’est exactement là que je voulais emmener mes lecteurs : à se questionner sur l’avenir de Tiya. Je suis mon instinct. L’avenir nous dira si j’ai eu raison, c’est le jeu.

Et vous, où en êtes-vous dans vos projets ?

Je vous propose quelques astuces pour ne pas se perdre ou abandonner en cours de route son projet.

Les astuces de maman bosseuse :

  • Fixez-vous une échéance réaliste, cela vous permettra de vous projeter dans une fin possible et surtout d’avancer.
  • Il y aura forcément une part d’imprévisible dans la réalisation de votre projet, ne renoncez pas pour autant, prenez une autre route.
  • Vous aurez des hauts et des bas pendant votre parcours, c’est normal.
  • Vous avez le droit de marquer une pause pendant votre projet pour revenir plus fort.
  • Profitez d’une période où vous sentez bien pour avancer.
  • N’hésitez pas à rejoindre les groupes sur les réseaux sociaux ou les associations pour pouvoir bénéficier d’une entraide et aussi de l’expérience des autres.
  • Entourez-vous de personnes bienveillantes, des personnes sur qui vous pourrez compter pour vous remettre sur la selle quand vous serez tombé de votre cheval.
  • Vous passerez par la phase du syndrome de l’imposteur, en vous demandant si vous êtes vraiment crédible, vous ne le saurez jamais si vous n’allez pas au bout de cette expérience, osez !
  • Faites confiance en votre instinct, tenez compte de l’avis des autres, mais au final faites VOS choix.

Merci à vous❤ !

Comme chaque semaine depuis le début du confinement, je remercie en premier lieu ceux qui luttent chaque jour pour la destruction de ce virus et qui soignent les malades. Merci à ceux qui nous permettent de subvenir à nos besoins pendant cette période (hôtes/hôtesses de caisse, postiers, éboueurs …). Merci pour ce que vous faites pour nous ❤.

Merci à vous chers/chères lecteurs/lectrices de prendre le temps de me lire,

Vous êtes déjà plus de 1000 lecteurs du journal d’une maman bosseuse.

Le Journal d’une maman bosseuse est lu en France, Canada, Maroc, Suisse, Belgique, États-Unis, Australie, Monaco, Indonésie, Espagne, Japon, Maurice, Mexique, Israël, Thaïlande, Allemagne, Colombie, Chine, Polynésie française, Portugal, Inde, Italie, La Réunion.

Merci encore pour vos messages et témoignages.

À très vite, j’espère.

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Publié par Maman bosseuse

Je m’appelle Estelle, je suis mariée depuis treize ans à un homme poisson (appelé communément apnéiste). Nous avons trois enfants qui ont respectivement 4 ans, 8 ans, 10 ans. Mon mari et moi travaillons à temps plein ce qui n’est pas toujours évident pour concilier vie personnelle et professionnelle. Il y a quelque temps j’ai lu une étude publiée le 29 janvier 2019 par Sociology (journal de l’association professionnelle des sociologues britanniques) révélant que les femmes actives travaillant à temps plein sont 18% plus stressées que les femmes actives sans enfant. Ce chiffre grimpe à 40% à partir de deux enfants. Et vous, êtes-vous stressée (ou épuisée) de devoir mener de front votre vie de famille et votre vie professionnelle ? Si oui, vous êtes la bienvenue sur ce blog (remarquez si c’est non aussi 😉, vous êtes aussi la bienvenue). L’objectif de ce blog est de vous donner des astuces pour améliorer votre confort de vie (pro et perso). Je vous proposerai des articles concrets sur des sujets variés en fonction de l’actualité. La particularité de ces articles ? En fonction de la thématique vous disposerez de l’avis d’une maman experte du sujet, je ferai appel à mon réseau de maman comptable, maman juriste, maman vendeuse, maman geek, maman fée du logis, maman loisirs…je serai en quelques sortes la rédactrice en chef. Aussi, je couve un petit trésor ces derniers temps, non ce n’est pas un petit quatrième...mais un futur roman, je suis à 20% de production. J’avance doucement, je vous ferai part de mon avancée, mes moments de doutes, de joies. Je vous laisse découvrir mes articles. Au plaisir de vous lire et d’échanger avec vous ! Estelle mi-maman mi-working girl

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