
Dès le début du confinement, je voulais écrire cet article sur le télétravail avec ses enfants. De nombreux articles ont été publiés sur le sujet, après leur lecture. Je me suis dit que j’attendrai un peu avant d’écrire un article sur ce thème, car j’avais le sentiment de donner des astuces à la manière du « YAKAFOKON ». De plus, la situation était inédite, le télétravail n’avait jamais été expérimenté sur un temps aussi long pour la majorité des salariés et des entreprises. Après deux mois d’essais personnels, et l’expérience des autres parents bosseurs, je peux enfin produire cet article et proposer le Kit de survie du télétravail avec ses enfants.
Constat
Un actif sur cinq (20%) a pratiqué le télétravail à temps plein tout au long du confinement. Du jour au lendemain, nous avons dû apprendre à télétravailler avec nos enfants, sans forcément y être préparés. En parallèle, nous avons assuré le suivi pédagogique de nos enfants, géré les repas et tout cela de manière répétitive.
Ne pas laisser entrer chez vous Madame Culpabilité
Pendant le confinement, Madame Culpabilité est venue s’installer chez Mylène. Je vous laisse découvrir son histoire. Mylène, 33 ans, assistante commerciale, maman solo, a deux enfants de trois ans (Mathéo) et six ans (Zorah). Elle tient un journal intime. Voici la page qu’elle a écrite le 6 avril 2020.
« Cher journal,
Aujourd’hui, j’ai passé une journée tellement fatigante. J’ai couché les enfants à 21h30 et j’ai dû reprendre mon travail, là où je l’avais laissé en fin de journée. J’avais un fichier de statistiques à envoyer d’urgence à mon chef. Les enfants n’ont plus de linge propre, et je n’ai pas eu le temps de lancer les machines comme prévu, tant pis, ils resteront demain en pyjama.
Mathéo a fait cinq fois pipi par terre, j’oublie souvent de lui proposer le pot dans la journée. Demain, je lui remets ses couches …
Je progresse mon cher journal, je n’ai pleuré qu’une seule fois aujourd’hui cachée dans les toilettes. J’ai craqué, car j’ai le sentiment d’être inefficace dans mon travail, je suis en retard sur beaucoup de sujets, ma maison est crasseuse, j’ai des jours de retard sur les devoirs de Zorah et cerise sur le gâteau quand je sors avec les enfants pour faire une course, on nous regarde comme des pestiférés.
Mon cher journal, sais-tu si je vais m’en sortir ?
À demain »
Avez-vous envie comme moi de prendre Mylène dans vos bras et de la réconforter (Stop : mince, j’oubliais, on n’a pas le droit, on doit garder nos distances 😊) ?
Si vous aussi, avez ressenti ce sentiment de culpabilité, dites-vous bien que vous n’êtes pas responsable de cette situation, faite comme vous pouvez. Tant pis, si tout n’est pas parfait. Relâchez la pression, nous sommes TOUS dans la même situation.
Gérer son stress
Télétravailler avec ses enfants entraine des situations stressantes. Exemple, quand votre enfant décide de hurler au téléphone au moment de votre réunion d’équipe. Je l’ai vécu moi-même. La charge de boulot et la gestion des enfants génèrent du stress. Il faut vous réserver des temps de pause que j’appellerais un temps de « décharge émotionnelle ». Le sport est votre meilleur atout (Jogging, Yoga…) et pour ceux qui y sont allergiques, essayez la méditation. Ainsi, vous pourrez en douceur, faire du bien à votre corps et à votre tête. Sachez que la lecture a aussi des vertus déstressantes.
Autonomie des enfants
Je ne sais pas pour vous, mais j’ai responsabilisé mes enfants pendant cette période. Tentez cette expérience, vous pouvez attribuer un rôle précis à chaque enfant en fonction de leur âge (plier le linge, mettre la table, la débarrasser …).
Mon ainé était ravi d’aider sa sœur à faire ses devoirs (bon j’avoue que ça n’a pas duré longtemps), mais c’est toujours cela de pris.
Trouver des activités aux enfants
De nombreux sites ont proposé des activités en confinement à destination des enfants, vous n’aurez aucun mal à en trouver sur internet (dessin, coloriage, jardinage, cuisine…).
Même si les écrans sont déconseillés, vous pouvez les utiliser de manière mesurée bien sûr (dessin animé, jeux vidéo). Vos enfants ne deviendront pas accros et cela peut vous soulager. Beatrice Kammerer (journaliste pigiste, Revue L’école des parents, auteure) précise sur son compte twitter « Non leur cerveau ne sera pas détruit, non vous n’allez pas en faire des drogués ».
Pour ma part, après les devoirs, je n’ai pas eu besoin de leur trouver des occupations, car ils sont trois, ils jouent ensemble, c’est plus compliqué pour les enfants uniques ou qui ont une grande différence d’âge.
Expliquez à vos enfants votre planning de la journée
Je n’imagine pas le nombre de parents qui ont pu dire les phrases suivantes à leurs enfants : « Je travaille », « je t’ai dit que je travaillais », « non là je ne peux pas m’occuper de toi : je travaille ! »
Je vous recommande d’expliquer le programme de la journée à vos enfants, précisez leur vos temps de pause et donnez leur les moyens de se repérer dans le temps (montre, réveil, …). Prévenez-les que vous serez sûrement moins patient que d’habitude et qu’ils n’y sont pour rien.
Ils viendront sûrement vous déranger encore et vous devrez encore répéter la phrase « je travaille », mais peut-être vingt fois au lieu de cinquante fois, avec un petit verre de rhum on passe à cinq fois (je plaisante bien sûr, n’essayez pas LOL).
Concentration
Tous les éléments précédents vous permettront d’avoir des phases de concentration. Ainsi, vous pourrez avancer par petits bouts sur vos dossiers. Si vous avez des enfants en bas âges, les temps de sieste sont d’excellentes plages de concentration en continu.
Les astuces de maman bosseuse :
- Tout d’abord, chassez Madame Culpabilité qui viendra frapper à votre porte.
- Évacuez le stress engendré par cette situation.
- Responsabilisez vos enfants, vous serez surpris de voir leurs efficacités 😊.
- N’hésitez pas à leur trouver des activités ou les laisser s’amuser en solo ou entre frères et sœurs.
- Expliquez à vos enfants le programme de la journée et précisez-leur, vos pauses communes.
- Aménagez-vous des créneaux de concentration.
- Je n’ai plus qu’une chose à vous dire en référence au film Taken : « Bon chance », pour ceux qui ne connaissent pas : non ce n’est pas une faute d’orthographe, c’est bien la citation cinématographique.
Les astuces d’Anaïs, chargée de recrutement et formation :
Avant le confinement, je n’avais jamais télétravaillé. Du jour au lendemain, j’ai dû télétravailler avec mes deux enfants (5 ans et 8 ans) enceinte de mon troisième enfant (4 mois de grossesse au début du confinement). J’avais beaucoup de travail et le programme scolaire que je recevais été chargé. Au début, j’ai mis en place à la maison une organisation assez militaire. Je levais les garçons à 7h30, pour commencer à les faire travailler sur les devoirs à 8h30 jusqu’à 10h, car j’enchainais sur mon travail à cette heure-ci. Je passais beaucoup d’appels professionnels donc j’étais indisponible pour eux, une bonne partie de la journée. J’ai dû avoir recours aux écrans.
À partir de 14h, ils avaient quartier libre. J’ai la chance d’avoir accès à un grand parc dans ma copropriété. Ils ont pu jouer « de loin » avec d’autres enfants de la résidence pendant des heures.
Je dirai que je recommanderai d’essayer de programmer sa journée un maximum.
Malgré cette organisation, c’était tout de même une période difficile donc faites comme vous pouvez. Mon conjoint a été travailler à son bureau pendant le confinement. J’ai géré seule le quotidien. C’était dur d’ailleurs cela m’a valu, deux allers-retours aux urgences. J’ai tenu moralement, car j’ai tout de même le sentiment d’avoir profité de mes garçons. En plus, il a fait beau, j’ai pu télétravailler dans le parc de ma résidence à distance avec ma voisine.
Travailler avec ses enfants, c’est fatigant et j’accepte mes limites, je ne suis pas une wonderwoman. Mon ventre de femme enceinte tendu le soir me le rappelle. Si je ne peux pas faire les devoirs, ce n’est pas grave, j’essaye de positiver, car je sais que la situation était plus compliquée pour d’autres. Bon courage à tous les parents.
Merci à vous❤ !
Comme chaque semaine depuis plus de deux mois, je remercie en premier lieu ceux qui luttent chaque jour pour la destruction de ce virus et qui soignent les malades. Merci à ceux qui nous permettent de subvenir à nos besoins pendant cette période (hôtes/hôtesses de caisse, postières/postiers, éboueurs …). Merci pour ce que vous faites pour nous ❤.
Merci à vous chers/chères lecteurs/lectrices de prendre le temps de me lire,
Vous êtes déjà plus de 1800 lecteurs du journal d’une maman bosseuse.
Le Journal d’une maman bosseuse est lu en France, Canada, Maroc, Suisse, Belgique, États-Unis, Australie, Monaco, Indonésie, Espagne, Japon, Maurice, Mexique, Israël, Thaïlande, Allemagne, Colombie, Chine, Polynésie française, Portugal, Inde, Italie, La Réunion, Philippines.
Merci encore pour vos messages et témoignages.
À très vite, j’espère.
Source : Le Huffington Post, Franceinfo
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